Jour 51 : à 21:58 (heure locale)

J'écris toute cette partie alors que je sus sur l'Ile de Pâque, le 17 mai 2016, presque un an après.

Quand nous sommes arrivés à Merida et que j'ai vu où Nicolas, Yoli et les enfants vivaient, ce fut un terrible choc pour moi. J'en ai même pleuré. Ils étaient en colocation avec Alejandro et Antonieta, un jeune couple très sympathique, dans une maison sombre et humide. Je l'ai même qualifiée de taudis !
Et pourtant ! Ils avaient déménagé un mois avant ma venue car ils avaient une chambre pour quatre avec toutes leurs affaires, dans une coopérative.
De plus, Yoli m'a dit que ce n'était pas propre, notamment les parties communes. Je n'ose même pas imaginer !
Bref, là ils dormaient à quatre dans une chambre et moi dans une autre petite ; quand je ne suis pas là, c'est pareil...

Heureusement que je suis retournée chez eux car je ne vois plus cela de la même manière, je trouve leur logement pas si mal que ça.
De même, je n'ai pas vu Caracas du même œil que la première fois. La saleté ne m'a pas sautée aux yeux, comme la première fois.
Il faut dire que mon périple m'a sortie de mon confort de française et m'a fait découvrir des façons de vivre tellement humbles et difficiles, souvent dans des milieux et climats très hostiles.

Je suis contente aussi, car depuis mon passage l'an dernier, les enfants parlent parfaitement le français ; ils continuent à le pratiquer avec leur père. Je suis moins inquiète aussi du fait que leurs parent ne veulent pas les scolariser ; ils sont très intéressés par les livres et Marcos commence à déchiffrer les mots. Ils sont cultivés et intelligents.
Aujourd'hui, je pense sincèrement qu'ils ont raison de vouloir élever leurs enfants sans télé, sans écrans, loin des ondes et de la société de consommation.
Ce qui me faisait peur, c'était le côté "hors normes" mais Nicolas assume ses choix et je sais qu'il veut le meilleur pour ses enfants et sa famille, à commencer par une alimentation saine.
Cette fois, Marcos n'a pas fait de crise où je le sentais en énorme souffrance. Je pense que le fait que Nicolas a un peu changé son vocabulaire et sa façon de parler y est un peu pour quelque chose.

Avant mon départ, nous étions allés voir le père de Yoli, qui vit dans un cabanon au milieu des Andes ; il cultive des légumes, des tomates de arbol et autres. Malheureusement, lui et presque tous les paysans ne savent pas cultiver sans engrais ni pesticides. Nous avons d'ailleurs passé une nuit dans un petit village andin qui fait de nombreuses cultures, et Yoli m'a dit qu'il y a beaucoup d'enfants qui y naissent avec des malformations. C'est triste.
Dans ce pays, il n'y a pas encore de bio, ou très peu.

Ensuite, nous sommes allés à Pregonero, où Yoli et Miguel ont grandi, élevés par leur grand-mère.
Ici, on ne parle pas en kilomètres mais en temps. La circulation dans les Andes prend beaucoup de temps, et l'état des routes laisse à désirer. De plus il y a de nombreux contrôles de police. Ils essaient toujours un truc qui ne va pas pour se faire un peu d'argent. L'autre jour ils ont voulu nous verbaliser car je n'avais pas de ceinture à l'arrière. Yoli s'est énervée car elle connaît le système et leur a fait remarquer que dans la voiture d'à côté il y avait un enfant devant non attaché, et qu'ils ne disaient rien. Nicolas et elle, sont descendus pour discuter, et à la fin ils étaient "copains" avec les policiers. Il faut dire qu'ils gagnent le salaire minimum et essaient par tous les moyens d'arrondir les fins de mois.
Aucune photo
   mylatinotrip ne propose aucune photo pour cette étape.

Commentaires
Chargement des commentaires
Nouveau commentaire


Dernière mise à jour le jeudi 19 mai 2016 05:29:39 UTC+02:00 - Signaler cette étape