Jour 5 : à 11:51 (heure locale)

Mercredi 22 avril 2015 :
Quel bonheur de retrouver mes petits cœurs , lundi soir. Ils sont magnifiques !
Ils comprennent tout ce que je dis, puisque leur père ne leur parle qu'en français, mais ne me répondent qu'en espagnol, comme ils le font aussi avec leur père.
J'avoue que je suis inquiète pour eux, entre les projets de vie de leurs parents et la vie au Vénézuela, c'est assez flippant.
L'économie est en chute libre avec le prix du pétrole qui baisse, la corruption est à son comble ainsi que la délinquance.
Le salaire minimum est actuellement de 5622 bolívars ce qui équivaut à 23 US dollars.
Le dollar s'échange à 12 Bsf (bolívar fuerte) au cours officiel, contre 245 au cours parallèle ; valeur au 21/04/2015.
Ici, pas question pour un touriste de payer par carte ou de retirer au distributeur ; il faut avoir des dollars ou des euros et changer au noir.
Les gens se font un peu d'argent en vendant 4 à 5 fois le prix, ce qu'ils ont pu acheter en faisant jusqu'à 10 heures de queue : le gouvernement met en vente environ 200 produits de première nécessité (lait en poudre, couches, savon, shampoing, œufs, farine, beurre, viande...) à un prix régulé, c'est à dire pas cher. Pour les acheter, les gens doivent s'inscrire sur des listes, en fonction de leur numéro de carte d'identité, puis faire des heures de queue. Je n'ai jamais vu ça ! De plus, ils ne sont pas sûrs que ce jour là le magasin soit achalandé en produits dont ils ont besoin ; et forcément, la quantité est limitée.
Normalement, on ne peut faire la queue qu'une ou deux fois par semaine, mais certains ont plusieurs cartes d'identité illégales, et du coup ils y sont tous les jours et peuvent revendre à ceux qui ont les moyens de payer le prix fort.
Lundi, Carmen a cuisiné des crevettes que son mari a achetées en faisant 10 heures de queue.
Et nous on se plaint quand on doit attendre 10 minutes à la caisse !
Dans ce pays, il y a des très pauvres mais aussi des très riches.
Hier nous avons acheté un pantalon pour Marcos et Amanda. Ils étaient soldés à 1000 Bsf soit environ 4 $, mais le prix normal était de 3999 Bsf, soit plus de la moitié du salaire minimum.
Je ne sais pas comment font les gens pour s'en sortir, enfin, ceux qui ne trempent pas dans magouille et la corruption.
Ici donc, beaucoup de débrouille et de petits boulots dans les rues pour survivre.
Un des plus grands bidonvilles, sinon le plus grand, se trouve à Caracas.
Un appartement qui valait 20000€ l'an dernier, en vaut 30000 aujourd'hui.
L'inflation est énorme !
Miguel, le frère de Yoli, est ingénieur ; il s'est mis à son compte car s'il travaillait pour un patron il ne gagnerait que l'équivalent de 100 €.
Ceux qui importent des produits alimentaires ou autres, achètent avec un dollar qu'ils payent 6,30 Bsf, et ils revendent les produits au cours de 246 Bsf environ. Ils peuvent donc s'enrichir très facilement et très vite.
Hier nous sommes également allés place Bolivar ; c'est sympa, mais dans la Candelaria, le centre ville, c'est sale, bruyant, il n'y a presque pas de verdure, les trottoirs sont défoncés et je n'ai pas trouvé les gens aimables.
Yoli me dit que quand elle venait en vacances à Caracas, il y a une vingtaine d'années, tout était plus propre et agréable.
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