Jour 158 : à 22:15 (heure locale)

De même que le Myanmar n'est plus la Birmanie, Yangon n'est plus Rangoun. Quoiqu'il en soit je suis arrivé au milieu de la nuit dans la capitale après une nuit quasiment blanche dans un bus pourtant confortable, mais la route chaotique et les ronflements guerriers de mon voisin m'ont empêché jusqu'à la dernière heure de trouver le sommeil. C'est donc passablement épuisé que je débarque à la gare routière où une bonne heure de taxi m'attend encore avant de trouver le réconfort d'un matelas immobile. Le prix du taxi est en gros le même que celui des 12h de bus, mais je me débrouille pour le partager avec un jeune couple, et me retrouver donc enfin face à mon hôtel, pour découvrir une porte close et une sonnette HS. Je frappe à la grille, j'appelle, je martèle, je gueule, mais à part voir apparaître quelques voisins curieux à leur balcon, rien n'y fait, je suis à la rue, et évidemment de bonne humeur. Je suis donc parti écumer les rues de la ville, à 4h passées du matin pour y trouver un endroit où passer quelques heures à dormir, mais sans résultat, tout étant complet, où hors de prix. Il est 5h30 quand je reviens à mon point de départ, encore plus fatigué après cette marche avec mon sac de pas loin de 15kg sur le dos, et encore plus énervé, bien entendu. Je frappe, je gueule, pour voir apparaître un jeune stoïque qui me dit que la grille est maintenant décadenassée. Je rugit à la réception, il me dit que ce n'est pas possible, qu'il était là, et que promis il ne dormait pas, je tente de me faire offrir la nuit, où d'en réduire au moins le coût, mais il ne peut pas, je m' offusque, mais épuisé j' abandonne, paie et vais me coucher.
On peut imaginer aisément que ma première journée ne fut pas très dynamique, un tour du quartier, une marche au port, et me trouver un café sympa pour les jours suivants ont suffit à la meubler.
J'avais pris rendez-vous ici avec une turque rencontrée à Bangkok où elle habite pour passer ensemble un week-end à découvrir la ville, et je l'ai donc attendue pour en voir les lieux emblématiques, passant ainsi mon deuxième jour à errer comme à mon habitude dans la ville, pour m'imprégnier de l'ambiance de ce nouveau pays. Les jeunes sont ici assoiffés de contact avec les étrangers afin de travailler leur anglais, qui pourrait leur ouvrir des possibilités inespérées il y a encore peu de temps. J'en rencontre plusieurs mais passe près de 3h à parler avec deux d'entre eux, et finis par leur promettre de passer le lendemain matin à leur cours privé d'anglais pour discuter avec leur classe. Ce que je fis, experience amusante, me retrouvant pendant pas loin d'une heure avec un jeune mexicain face à une quarantaine de jeunes de 15 à 30 ans, de divers niveaux de maîtrise de la langue, mais tous très intimidés, n'osant pas poser de question, et nous laissant souvent le faire à leur place .
Oylum est ensuite arrivée, et malgré mes quelques doutes sur le bien-fondé de ce rendez-vous avec quelqu'un que je connaissais à peine, j'ai l'agréable surprise de trouver chez elle un contact facile et amusant dès le début, et une conception du voyage assez proche de la mienne. Nous avons visité les quelques monuments à voir de la ville, mais on ne peut pas dire que, sortie de la visite de la grande pagode dorée de Swedagon, la ville ait énormément d'intérêts à offrir, hormis celui de découvrir la culture locale et la gentillesse incroyable des habitants. Les gens en effet n'étant pas habitués à voir des étrangers, nous regardent, nous sourient, nous disent bonjour, échangent quelques mots; je retrouve ici le plaisir humain que j'avais trouvé en Inde, sublimé par le fait que personne ne cherche à entrer en contact pour te vendre quelque chose, à part peut-être les moines dans les temples bouddhistes qui te font courtoisement visiter les lieux avant d' exiger une donation à prix fixe (!). Les temples sont ici de vrais machines à fric, te faisant payerl'entrée, bien sûr, mais aussi un bouquet en guise d'offrande obligatoire, une donation pour laisser très chaussures à l'entrée (pareil, pas toujours le choix), et on trouve dans les plus gros un nombre de boutiques sidérant, et même des distributeurs d'argent !
La fin du séjour a été un peu alourdie pour moi par une grosse infection de l'oreille droite, qui nous a offert le plaisir d'une visite à une petite clinique du centre, que nous avons mis, positifs, sur le compte des expériences intéressantes. La douleur m'a un peu assommé, et je suis content de ne pas avoir été seul à ce moment-là, car sinon je serais resté me reposer et j'aurais sûrement assez peu fait de choses.
Je suis maintenant assez impatient d'aller découvrir la suite, c'est-à-dire les merveilleux paysages qu'offre le reste du pays. Je pars donc ce soir en direction de Hpa-An, plein est, ravi de quitter la capitale, mais aussi ravi des quelques jours passés avec Oylum à errer ensemble les yeux grands ouverts, à nous régaler ensemble de ce peuple si charmant.
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Dernière mise à jour le lundi 31 octobre 2016 à 06:23:59 UTC+1 - Signaler cette étape