Jour 79 : à 14:30 (heure locale)

Varanasi- Bénarès, ville sainte pour les hindous, car ici on se baigne dans le Gange pour se purifier votre se soigner, mais aussi et surtout car en mourant ici on peut arrêter le cycle des réincarnations. Ce sont donc beaucoup d'hindous qui peuplent la ville, mais aussi à mon grand étonnement beaucoup de musulmans qui semblent assez radicaux ( je vois vraiment beaucoup de femmes portant de longs gants et des niqabs qui bien que colorés, me mettent toujours mal à l'aise ). Plus encore que dans les autres lieux que j'ai vu pour l'instant, ici la religion est omniprésente, quelle qu'elle soit, et il est impossible de compter le nombre de temples, de mosquées, de toutes tailles, mais tous comme le reste des bâtiments de la ville décrépits, sales, vieux et négligés.
Il m'est difficile de dire si mon besoin de calme et de campagne de plus en plus intense prend le dessus sur ma curiosité, mais je me suis senti ici un peu oppressé. ce sont ici un dédale labyrinthique de ruelles étroites et sales, distribué par un réseau de boulevards où les touc-toucs, les vélos, scooter et rikeshaws (taxis vélo) se concentrent en un flot dense et continu difficilement franchissable. Le bruit est continu comme dans toutes les communes indiennes, vu que la conduite ici se passe de clignotants et de rétroviseurs, et ne fonctionne qu'à l'oreille et au réflexe ; tu klaxonnes pour dire que tu arrives, que tu vas tourner, doubler, pour dire à l'autre de se ranger, enfin pour tout, ce qui crée une fatigue que tu ressens bien en fin de journée.
À Varanasi plus qu'ailleurs des dizaines d'odeurs se mélangent. Il y a le cocktail classique d'arômes épicés de cuisine, de tchai, de déchets encombrant les rues, de bouse de vache et de pisse humaine, auquel tu ajoutes un nombre conséquent d'odeurs d'encens différents.
Mon sentiment de fatigue vient sûrement aussi et peut-être surtout du racolage continu de tous les commerçants, vendeurs de soieries, conducteur de touc-touc ou de bateau, les mendiants, et les mecs "sympas" qui te collent en voulant te montrer "gratis" des trucs pour te faire payer autre chose après.
Une chose aussi m'étonne ici, c'est le nombre de militaires stationnés un peu partout dans la ville, encadrant la circulation, l'entrée des hauts lieux touristiques, où simplement buvant du tchai en discutant le fusil posé sur les genoux.
On peut dire que Varanasi n'aura pas été un endroit où je me suis bien senti, même si quelques longues pauses sur les marches des ghats m'ont encore beaucoup appris sur la complexité culturelle de l'Inde. Les ghats, ce sont des grands escaliers qui descendent de la ville dans l'eau du Gange pour se baigner ou effectuer des cérémonies, qu'on trouve dans beaucoup de villes bordant le Gange, mais Varanasi en compte 81! C'est sur certains de ces ghats sont lieu les crémations des gens venus mourir ici. Dans les ruelles de la vieille ville on voit régulièrement passer une procession chantante qu accompagne un corps emmailloté dans des tissus rouge et or pour l'emmener à la cérémonie de crémation. J'ai aussi beaucoup apprécié ce matin la virée en bateau sur le Gange pour assister à la cérémonie quotidienne du levé du soleil sur le Assi Ghat. La ville à l'aube, est calme, les odeurs sont atténuées, et seuls certains vieillards et enfants commencent doucement à sortir, pour jouer ou se rendre au temple.
Je quitte cet après-midi la ville afin de répondre la zone himalayenne au nord de Delhi. L'affaire devrait me prendre 24h et deux trains.
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Dernière mise à jour le vendredi 12 août 2016 à 15:28:46 UTC+2 - Signaler cette étape