Jour 176 : à 17:15 (heure locale)

J'avais quelques appréhensions quant à ce trek qui annonçait à mon goût trop d'activités au lieu de se contenter de marches, et la première matinée a fait écho à mes craintes avec la visite d' une ferme à papillons, d'une plantation d'orchidées et d'un marché pour faire les courses pour nous futurs repas, tout ça sur un rythme très chronométré. Puis arrive la balade en éléphant, que j'appréhendais aussi pour des raisons éthiques rapport au traitement souvent critiquable des animaux, mais là ce fut une bonne surprise que d'arriver dans un coin paumé de campagne après être passés à côté de villages aux atours d'industrie de l'éléphant. Ici seulement trois éléphants, pour la plupart du temps laissés libres de leurs mouvements. La chance a voulu que notre nombre impair me voit proposer de monter non pas comme tous sur des sortes de bancs sur le dos de la bête, mais directement sur son cou: ce fut une expérience formidable, de sentir les omoplates du pachyderme bouger à chaque pas sous mes cuisses, ses oreilles me fouetter doucement les mollets, et la peau parcheminée avec les poils plus que drus de sa tête sous mes mains, et de voir sa trompe fascinante se lever ai dessus de son crâne et venir me souffler son haleine chaude au visage, me permettant de toucher, caresser, découvrir ému ce membre si singulier. Je me souviendrai de cette émotion toute ma vie, sans doute possible, et j'en suis resté ému longtemps.
Puis vint enfin après le repas l'étape tant attendue de la marche en jungle, plaisir évoluant crescendo, l'observance d'abord site le bord d'un chemin large gravissant la montagne, pour atteindre son apothéose le lendemain en marchant cette fois type la journée sur des sentiers minces envahis par les bambous et des centaines de plantes inconnues, puis longeant la rivière avant de retourner au coeur de la forêt, luxuriante, dense, démesurée, où les bambous géants ont l'air de jeunes pousses à côté des arbres dont la hauteur est telle qu' il faut se tordre les cervicales à l'équerre pour en voir la cime. Les lumières y sont féeriques, tamisées par les couches innombrables de feuilles qu'elles ont à traverser, laissant parfois passé un rayon télé une lance au milieu de la pénombre.
Nous deux nuits nous les avons passées chez l'habitant, dans le village d'une tribu sino-birmano-thaïlandaise sur les crêtes des montagnes le premier soir, puis dans une dépendance en bambous construite au coeur de la jungle par une famille à côté de leur maison. Le premier soir ne nous a permis qu'un contact avec un homme du village venu nous divertir avec sa guitare en reprenant des tubes occidentaux d'un air grave d'abord, puis plus déridé à force de nous entendre l'accompagner au chant ou aux percussions improvisées avec ce qui nous tombait sous la main; au final nous avons vu, fumé, et joué tard dans la nuit épaisse, à la leur de quelques bougies. La seconde soirée nous permit des échanges plus conséquents avec la famille qui nous accueillait, eux récits de nous entendre jouer de la guitare de notre guide, et de nous voir boire toute la réserve de bières, la feuille me demandant de jouer pour elle à chaque fois que nous posions la guitare. Les rencontres avec ces gens furent très sympathiques, même si t'es voir limitées par la barrière de la langue, mais notre guide Bobo, l'homme qui annonce d'entrée qu'il sera le premier saoul et le premier à dormir (vérifié les deux soirs !), souriant et drôle, et avec mes trois compagnons français avec qui l'entente s'est avérée cordiale et amusante du début à la fin, ont parfait ce trek,à la fois magique et fun.
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Dernière mise à jour le mercredi 23 novembre 2016 à 10:36:01 UTC+1 - Signaler cette étape