Jour 90 : à 13:00 (heure locale)

Avant de parler de cette petite ville perdue dans les montagnes, il faut déjà dire que les deux seuls moyens d'y accéder sont un car qui met plus de 8 heures de Kalka, ou un toy-train qui est sensé en mettre moins de cinq du même endroit. Je suis arrivé dans la petite ville de Kalka à l'aube, et j'ai acheté un ticket ordinaire de seconde classe pour le toy train. J'étais bien content de pouvoir prendre ce train, car celui de Darjeeling ne circulait plus quand j'y étais. Cette ligne, comme celle de Darjeeling est classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Toy-train désigne un petit train de montagne qui circule toute l'année à flanc de montagne, de tunnel en pont, et offrant une vue imprenable sur le décor montagneux. Je découvre en arrivant vers le premier train qu'il ne comporte que trois petits wagons, dont un seul accueille les voyageurs n'ayant pas réservé leur place, et c'est mon cas. Un wagon d'une trentaine de places, donc, pour une bonne soixantaine de passagers. Je suis donc contraint d'attendre le second, mais rebelotte. quand le 3ème arrive, il n'est pas arrêté que les gens se sont déjà rué dedans, et celui-ci n'a qu'un seul wagon passagers, et une sorte de wagon-plateau transportant deux gros réservoirs d'eau. C'est le dernier train de la journée, alors comme tout le monde je grimpe dans ce dernier qui est quand même doté d'une sorte de paroi métallique de la hauteur d'un garde-corps. L'aventure est amusante, et ces conditions certes sommaires de voyage, offrent une vue panoramique à 360 degrés éblouissante sur les basses montagnes himalayennes. Il n'y a là que des hommes, jeunes pour la plupart, dont la majorité de met à pousser des grands cris tout au long de chaque traversée de tunnel. Il y a plus de cent tunnels avant l'arrivée, et cet amusement les tient pas loin de 4h sur les presque six heures de voyage, ce qui au bout d'un moment est, je le confesse, un brin fatigant. Le plus inconfortable est pourtant de se prendre les gaz de la vieille locomotive diesel en plein dans le nez. Les deux dernières heures sont rudes, car elles se passent sous la pluie, avec un mal de crâne costaud, et une poussée de fièvre qui me reprend.
J'arrive donc éreinté à Shimla en fin d'après-midi, pour réaliser que ce week-end est férié, c'est la célébration de l'independance day, et qu'il n'y a donc plus une chambre libre dans les hôtels de la ville. Pour moi, c'est un peu le coup de grâce. Je n'ai qu'une envie c'est de me barrer de là, mais ça n'est pas possible, et je suis de toute façon trop fatigué. Je rencontre un jeune homme qui m'accompagne gentiment faire le tour de toutes les guest house de la ville dans l'espoir de trouver une chambre libre qui ne soit par facturée l'équivalent d'une semaine de voyage, car cette ville est un peu le Saint-Tropez des montagnes indiennes. Je finis par trouver une chambre pas trop mal, à un prix qui reste plus du double de ce que je paierais ailleurs, mais bon, au moins je ne dors pas dehors. Une toilette au seau (mais avec cette fois de l'eau chaude, grand luxe !), et je me couche directement pour dormir jusqu'au lendemain 6h.
c'est donc le lendemain très tôt que je découvre la ville. Une fois la tête plus dispose à l'apprécier, je réalise qu'elle répond parfaitement à ce que je venais chercher ici: une route la traverse dans sa partie basse, et toutes les autres rues sont quasiment piétonnes. Pas de tuk-tuk, pas de voiture, ni même de scooters, pas de klaxons: j'en ai rêvé ! Deuxième énorme avantage, la ville est propre! Pas de boue, très peu de déchets sur la voirie, pas d'odeurs infâmes.
J'ai passé une bonne partie de ma journée à me promener dans la campagne environnante, dans des sous-bois recouverts de fleurs violettes, roses, jaunes, superbes. J'ai l'impression de pouvoir enfin respirer à pleins poumons dans un silence réel juste brisé par le chant des oiseaux et les cris des singes. Les singes ! J'en ai vu pas mal ces dernières semaines des macaques, mais jamais dans de telles proportions. c'est sûrement pour ça que c'est le dieu singe qui est patron de la ville, et pour lequel a été érigée une colossale statue orange qui domine la ville et est visible de partout. Je suis monté la voir, ainsi que les temples qui la jouxtent, et on a vraiment l'impression de rentrer dans le royaume des macaques. Ils sont partout, et chacun est obligé d'être vigilant, car si parfois ils peuvent être agressifs, ils sont surtout incroyablement voleurs! J'ai vu un homme se faire piquer ses lunettes, quand je me suis moi-même fait volé dans la main une pâtisserie que j'étais en train de manger. Ces bestioles sont fascinantes à observer, et franchement attendrissantes(à part les gros vieux mâles peut-être).
Je ne reste pas ici très longtemps car je dois me rendre dans le Pendjaab à quelques 250km de là pour répondre à l'invitation de la famille rencontrée en gare de Delhi, mais ce court moment ici ma comme rechargé les accus.
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Dernière mise à jour le dimanche 28 août 2016 à 16:31:09 UTC+2 - Signaler cette étape