Jour 291 : à 22:45 (heure locale)

Mon idée en venant en Amérique du Sud, était de me sédentariser plus longtemps où je passais, et c'est donc avec plaisir que je suis resté une dizaine de jours à Rio seulement, en compagnie de Viviane qui voulait y rester au moins jusqu'à son anniversaire. Cela nous a laissé le temps de visiter, de déambuler dans les rues de Copacabana, de buller et de faire des virées tout au long du jour dans les rues de Rio. Ce temps permet de mieux comprendre ce décor inconnu, d''en voir les côtés dangereux comme les joyeux.
Depuis quelques semaines la police locale est en grève régulièrement, car la ville est en faillite et ne peut plus payer les pourtant ridicules salaires de ses fonctionnaires. Dans une ville où le banditisme et les zones de passe-droit ont une place importante, ce genre d'évènement amène forcément son lot de débordement. Non loin de Copacabana, un gang a par exemple essayé d'annexer une petite favela, ce qui a entraîné une confrontation sanglante avec les unités spéciales de la police militaire, véritables machines à tuer à l'emblème de tête de mort et de flingues; l'affrontement a duré longtemps et les tués par balle tombaient des falaises quand les balles perdues prenaient des vies au hasard, qu'elles soient d'enfant ou non. Ces grèves nous ont d'ailleurs vu refusé l'accès à la randonnée pour monter le Corcovado et atteindre la fameuse statue du Christ rédempteur, car des bandits armés détroussaient les marcheurs au milieu du parcours qui sillonne la part de forêt tropicale ancestrale pénétrant la ville. Les policiers courent ici après les voleurs l'arme au poing, et les groupes d'élite en armure avec leurs armes de gros calibre sont disséminées un peu partout, particulièrement en ces temps de carnaval.
La ville de Rio donne une impression un peu chaotique, les vieilles maisons coloniales laissées pour beaucoup à l'abandon entre les barres vieillissantes et les tours flambant neuves, tout cela dominé par des collines couvertes de jungle ou de favelas.
Le fait de rester quelques jours me permet aussi de découvrir un peu plus la normalité de la vie des cariocas quand le carnaval arrive doucement à son terme. La vie à Rio est très chère, et pousse beaucoup de gens à la rue; je ne parle pas des favelas, que je n'ai pas pu découvrir, mais des rues de la ville où les gens s'installent avec siège et table en cagette, ou simplement une couverture sale, pour y passer nuits et journées. La violence et la pauvreté font donc partie intégrante de la vie des cariocas, de bracages en série de voitures au milieu de la voie publique, en vols à l'arrachée, mais d'un autre côté les habitants en sont d'autant plus prévenants, à venir te dire ou te montrer un message traduit en français pour t'expliquer de ne pas traîner trop longtemps le soir à cet endroit, ou de faire attention à ne pas poser ton sac derrière toi sur la plage. Les gens s'arrêtent aussi pour te proposer leur aide quand ils te voient sortir une carte, ce qui pourrait paraître naturel à certains, mais qui est loin d'être quelque-chose de commun. C'est une ville tout en extrêmes, de fête et de misère, de culte du corps (quel qu’il soit!) et de conservatisme catholique, d'agressions et d'entraide.
Nous sommes pour l'anniversaire de Viviane sortis tous les trois avec Nadège dans les clubs musicaux du quartier de Lapa, où les veilles maisons coloniales toutes fermées de jour et ayant l'air à l'abandon ouvrent leurs portes sur des bars où jouent toute la nuit des groupes, qui de la bossa-nova, qui de la samba, de l'électro ou du métal. L'ambiance est sensationnelle, festive, dansante, électrisante! Nous avons dansé dans trois clubs de musique samba une bonne partie de la nuit, pour fêter Viviane, et la fin du carnaval.
Demain, nous partons pour Ilha Grande, une île à l'ouest d'ici sur la Costa Verde où nous retrouverons surement le trio Claire-Laura-Isabelle, et laissant pour un temps nos hôtes retrouver leur vie après la folie du carnaval.
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Dernière mise à jour le lundi 6 mars 2017 à 00:24:28 UTC+1 - Signaler cette étape