Jour 125 : à 12:00 (heure locale)

J'ai donc pris l'avion de nuit de Cochin jusqu'à Bangkok. Le voyage dure environ 4h, ce qui ne m'a laissa dormir que deux ou trois heures d'un sommeil médiocre. Ma première journée ici n'a donc pas été des plus actives. Arrivé à l'aéroport, il me faut trouver de l'argent, et une carte sim pour avoir accès à internet qui est un outil devenu essentiel dans mon organisation, pour trouver un hôtel, traduire les mots obscurs rencontrés, et bien d'autres choses. Une fois ceci fait, il me faut étudier la carte de la ville pour comprendre un peu comment elle est organisée (les conseils de mon ami Steven qui connaît bien l'endroit m'ont bien facilité la tâche là dessus), trouver une carte du réseau de transports urbains, avant de me mettre en quête d'une auberge de jeunesse, vu que je n'ai pas pu trouver d' hôte via couchsurfing. Mais avant de me jeter dans le bus, je me paie le plaisir d'un vrai café expresso avec une clope d'un mètre de long ! Le café m'a vraiment manqué en Inde.
Je finis par m'installer dans une auberge de jeunesse assez déserte mais sympathique, où je m'accorde le choix d'une chambre privative (et non le traditionnel dortoir), afin de pouvoir me reposer tranquillement de ma nuit pourrie.
Ma première sortie est évidemment pour manger, et je découvre avec enthousiasme une carte nouvelle et variée. Ici les petites échoppes de cuisine de rue ont l'air, comme en Inde, d'être une institution. Mon repas est bon, plein de nouvelles saveurs, et je dois le dire, doté d'une finesse de goût rarement trouvée en Inde. Je rentre faire une petite sieste et une lessive à mon auberge, et en me réveillant je découvre qu'il pleut à seaux, et depuis près de 24h ça ne s'est quasiment pas arrêté, juste quelques courtes accalmies.
Je n'ai donc pas encore vu grand chose de la ville, mais le contraste avec l'Inde est déjà saisissant. Ici tout est propre, hyper moderne, ordonné. Les bâtiments à deux niveaux sont remplacés par des barres d'immeubles et des gratte-ciels, le bitume est lisse comme un plateau de billard, les tuk-tuks sont tunés, des oeuvres d'art jalonnent les rues, les gens sont le nez sur leur téléphone et ne se parlent pas ni ne se regardent, il y a des télés dans les transports et les restos, et chacun semblent obéir docilement aux exigences sociétales, suit les flèches au sol dans le métro, attend patiemment le feu rouge pour traverser la rue, dit bonjour, merci et au revoir... Malgré moi le chaos indien me laisse une certaine nostalgie; sûrement le temps de l'adaptation.
J'ai deux personnes au moins à rencontrer à Bangkok pendant mon séjour, des contacts couchsurfing. La première est une jeune fille locale, dans une situation trop difficile pour pouvoir me loger, qui suit mon périple depuis la Croatie par besoin de rêver de voyages, et la seconde est une occidentale qui avait laissé une annonce sur le site pour partager un ou deux jours de séjour avec quelqu'un. Je dois rencontrer cette dernière d'ici quelques jours et l'accompagner à un stage d'une journée de cuisine thaï (cooooool!). La première, Jane, je l'ai rencontrée hier soir, timide et réservée, mais gentille. Elle me donne rendez-vous, vu la météo, dans un mall par trop loin de mon hôtelni de son travail, où nous trouvons un resto sans prétention; j'y déguste un excellent canard aux noix de cajou en discutant avec Jane. Celle-ci, un peu pepette, ne voulant pas mouiller ses chaussures après le repas, même si la pluie s'est clairement calmée, me propose de se faire un ciné dans le centre commercial Pourquoi pas ? Au vu des horaires des séances et des derniers métros, je me retrouve à aller voir pour la première fois de ma vie un film de zombies, coréen, assez chiant comme tous les films de ce genre à mon goût. J'ai par contre la surprise de découvrir après une douzaine de bandes-annonces, quand la jeune fille me dit qu'il faut se lever, la diffusion d'un film de propagande royal, sorte de montage de photos sur la vie politique du roi. Tous les jeunes rebelles aux looks improbables qui viennent voir des zombies se bouffer les uns les autres ont un air profondément respectueux et solennel pendant les quelques minutes que dure la réclame royale: j'en reste bouche bée.
Aujourd'hui le temps n'est pas encore au sec, alors après un petit déjeuner à base de salade de papaye très pimentée, je vais aller me faire masser, et on verra après.
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Dernière mise à jour le vendredi 23 septembre 2016 à 11:41:14 UTC+2 - Signaler cette étape