Jour 193 : à 19:30 (heure locale)

Je suis venu ici avec l'idée du passer deux jours avant de continuer un peu plus au sud, mais les choses ne se sont pas passées comme prévu. Les environs de la ville offrent deux intérêts à ceux qui viennent les visiter: la plaine des jarres, et les vestiges de ce que les gens ici appellent les deux guerres d'Indochine, la notre donc (glorieux passé...), et celle des américains, dite guerre du Vietnam, même si l'est du Laos a reçu à lui seul plus de bombes qu'il n'en a été utilisé pendant toute la seconde guerre mondiale. La ville en soit n'a vraiment aucun intérêt touristique, ce n'est qu'une petite ville de campagne qui n'offrent à ses visiteurs que des vieux obus découpés en guise décoration devant quasi chaque devanture, et de ce fait elle correspond vraiment à mes attentes qui étaient en arrivant ici, certes de voir la plaine des jarres, mais aussi et presque surtout de voir le vrai Laos, celui qui vit par lui-même, et de peu de touristes.
Arrivé ici je cherche donc une guest house qui ait un air de boutique familiale, bon marché, et où observer comment vivent les locaux, ce qui est au final mon but réel en voyageant. Le premier jour, je bulle un peu trop longtemps au lit (si longtemps passé sans une chambre privative avec un lit 2 personnes!), et quand je cherche après mon petit-déjeuner à louer un scooter pour aller voir la plaine des jarres, les quelques boutiques de location n'en ont plus de disponible. Je croise ce matin-là Marcel, un cyclotouriste français que j'avais rencontré à Vientiane, et nous nous entendons sur le fait de nous retrouver pour l'apéro du soir. Ma journée je la passe donc à déambuler dans la ville et sa campagne environnante qui n'a que très peu d'intérêt elle aussi, car comme toute périphérie urbaine, elle a été privée depuis longtemps de tous ses arbres,et ne restent que quelques menues collines chauves qui offrent une vue médiocre sur l'espace citadin.
Le soir je le passe donc en compagnie de Marcel et de Simon, un anglais de ses rencontres, et nous parlons beaucoup et longtemps en buvant des bières, finissant la soirée avec deux autres touristes solitaires.
Le lendemain, enfin, je vais découvrir la plaine des jarres qui consiste en quelques trois sites principaux où gisent en nombre des jarres de grès aux origines qui restent encore malgré un certain nombre de théories, un mystère qui se retrouve épaissit par le fait que nul grès n'est disponible à moins de 100km de là. Urnes funéraires, réceptacles à nourriture, cuves de fermentation d'alcool, plusieurs théories existent sur ces jarres taillées dans des mégalithes et pesant parfois jusqu'à 6-7 tonnes. Les couvercles ont pour la plupart disparu, beaucoup des contenants sont cassés, la plupart des plus petits ont été volé pour se retrouver dans des collections privées, mais les sites gardent une certaine magie sûrement comparable à celle des champs de menhirs bretons.
C'est après que ça se corse! J'étais censé prendre un bus le lendemain matin, mais à peine rentré de mon expédition je réalise que j'ai perdu ma carte de crédit, et j'ai beau faire quelques lieux où je suis passé, je réalise qu'ils sont trop nombreux et éparpillés depuis les quelques jours où je n'ai pas utilisé celle-ci, pour espérer la retrouver. L'opposition est facile et rapide à faire, mais la suite l'est moins, pour ce qu'il s'agit de trouver un moyen rapide d'avoir du liquide quand je n'en ai plus, que je n'ai pas de crédit dans mon téléphone, et que les locaux sont une poignée à parler suffisamment anglais pour me renseigner. Après réflexion je décide de ne pas prendre mon bus du matin, ne sachant pas si je trouverai une agence western union (pour l'envoi de cash) ou une auberge qui accepte le paiement différé dans la nouvelle localité qui m'attend. Je me résous donc à devoir passer quelques jours ici à attendre mon liquide et ma nouvelle carte. J'avais heureusement gardé avec moi un billet de 50€, que j'ai pu changer pour payer mes repas. Trouver le moyen de contacter ma banque, puis mastercard, une adresse décente pour la livraison me prend pas loin d'une journée, mais au final tout se règle. La carte j'en fais le deuil pour l'instant, attendant de trouver (peut-être au Vietnam ou en Chine) une vraie adresse qui réponde aux exigences des entreprises de livraison internationale, et je gèrerai pour l'instant tout en liquide. On a beau savoir la valeur de la monnaie locale, se voir donner la somme de 4.600.000 kips, soit une liasse de près de 100 billets, ça fait quand-même bizarre. Au final ce sont trois jours sur place supplémentaires que m'aura pris la petite histoire, dans une ville où il n'y a rien à faire (surtout sans argent). J'ai tout de même passé un après-midi amusant à ma guest house avec le gendre de la tenancière et trois représentants de la police touristique à boire bière sur bière pendant des heures: l'expérience fut amusante, et a comblé mon envie de contact authentique avec des laotiens!
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Dernière mise à jour le dimanche 27 novembre 2016 à 16:05:58 UTC+1 - Signaler cette étape