Jour 33 : à 07:15 (heure locale)

Je n'y suis pas resté finalement, car changer de la monnaie pour une journée me paraissait un peu bête, vu que seuls les billets sont rechangeables. Par contre j'ai pris mon temps pour la traverser, afin d'en voir le plus possible.
Ce qui est frappant ici, ce sont les disparités. Le pays porte bien son drapeau, volatile à deux têtes sur fond rouge. De la couleur de sa terre. C'est avant tout un pays agricole, mais pas comme nous pourrons l'imaginer, plutôt comme l'aurait pensé nous grand-parents; les moissons de font à la faux et à la fourche, les quelques petites tracteurs d'après-guerre ne servent qu'au transport, et le cheval est au centre de la paysannerie locale.
Quand je parle de pays bicéphale, c'est parce que quand les paysans et ouvriers marchent, sont à vélo, debout sur leur charrette à cheval, ou sur les selles en bois de leurs mulets, une voiture sur trois est une Mercedes (j'ai compté pendant un moment!), et ce sans compter les Audi ou BMW. Sur le bord du lac où j'ai passé la nuit dernière, les hôtels 4 étoiles avec piscine énorme avoisinent de vrais bidon-villes. Je ne sais pas où tous ces riches puissent leur argent dans un pays où tous les bâtiments industriels tombent en ruine. L'économie a l'air faite de petites débrouilles: sur le bord de la route, ici on vend des bidons d'huile -moteur de récupération, là des melons ou des poissons dans des aquariums bricolés, mais l'activité la plus répandue est e s'improviser laveur de voitures avec son éponge et un tuyau d'arrosage (il y en a tellement partout, c'est fou !). Les mercos brûlent toutes de mille feux...
Je n'ai pas beaucoup de photos car avant d'arriver dans les hautes montagnes vers la frontière avec la Grèce et la Macédoine, tout espace est occupé, aux antipodes de la Croatie, avec un réseau d'une densité incompréhensible de pilons et fils électriques, et des bâtiments jamais finis. On construit en effet beaucoup, métis l'impression qui reste est que les chantiers ne se finissent pas, et je ne parle pas de l'astuce internationale de laisser dépasser des fers à béton sur le toit pour ne pas payer d'impôt, mais de constructions où une fois les murs montés, on installe une porte de garage afin qu'un carrossier s'installe.
C'est un pays vraiment intrigant, et il est sûr que j'y reviendrai.
J'ai essayé de passer à Tirana, mais arrivé vers midi dans une circulation qui fait de l'ombre aux napolitains, et après avoir passé UNE heure à chercher une place sur je n'ai jamais trouvé, j'ai fait demi-tour. La prochaine fois je prendrai le train.
Voilà, deux postes frontières plus tard j'arrive en Grèce, juste au milieu de deux réserves naturelles magnifiques, et je me trouve une petite zone libre de camping (sans douche, faut pas charrier), et je suis bien décidé après deux jours à conduire à rester là demain pour glander toute la journée et faute ma lessive.
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Dernière mise à jour le mercredi 29 juin 2016 à 20:15:27 UTC+2 - Signaler cette étape