Jour 68 : à 06:00 (heure locale)

Kolkata, Calcutta, la cité de la joie. C'est ici que commence la seconde étape de mon voyage. Tout change maintenant: le continent, la météo, le mode de voyage, le modèle sociétal, les paysages, le regard des gens sur moi. Tout.
C'est enivrant, troublant, désarçonnant. Tout se passe poutant en douceur, par étapes comme si c'était prévu, alors que je suis arrivé ici dans le même état d'esprit qu'avant, c'est-à-dire en prévoyant le minimum. J'ai tout de même réussi à anticipé mon arrivée et à enfin trouver des hôtes via couchsurfing pour m'accueillir à mon arrivée. Quand j'ai vu la réponse, j'étais content bien sûr, mais un peu déçu sur deux choses :mes hôtes n'étaient pas indiens, et leur appartement à une heure et demi de bus du centre-ville. Ces deux points furent pourtant bien utiles.
Mes hôtes étaient un et une colombiens, et un ivoirien, tous charmants, marrants, intéressants, et surtout très accueillants. Je suis arrivé le samedi soir, ce qui a permis à mes comparses de m'emmener danser dans une boîte en ville, et le lendemain visiter un temple. C'est donc le dimanche, quand nous nous sommes rendus au temple, que j'ai découvert les bus indiens, et c'est là aussi que j'ai réalisé à quel point ne pas découvrir cette heure et demi de transport urbain seul était une bénédiction, car prendre le bus ici ne ressemble à rien que j'ai pu connaître avant. Il y a bien des numéros (parfois) sur ces vieux bus peints de jaune et de bleu, et ornés chacun de ses peintures propres, mais déjà, il n'y a pas d'arrêt, et donc pas d'information sur quel bus passe où, va où, etc... Dans le bus deux employés, le conducteur discret et impassible, et le vendeur de tickets, debout dans l'embrasement de la porte toujours ouverte, qui indique au premier quand s'arrêter pour prendre ou déposer quelqu'un, et crie aux gens dans la rue la direction et les grands arrêts du bus. Dans la pratique, tu fais signe, il ralentit, tu lui demande s'il va où tu veux, et si il y va tu monte dans le bus qui roule parfois encore. Pas évident au début, et heureusement que la plupart des gens sont serviables et t'indiquent quand changer de bus et où attendre le suivant.
Quand on pense Inde, on se dit que tout le monde ou presque parle anglais, mais c'est complètement faux. Déjà chaque région a sa propre langue (le Bengali ici), et doit connaître le hindi qui est la première langue nationale, alors connaître la seconde en plus (l'anglais) dans un pays où l'alphabétisation est encore un réel problème, ça n'est pas gagné. En ville, cependant, on trouve toujours quelqu'un qui connaisse bien l'anglais, pour peu qu'on vise les gens de vingt à quarante ans.
L'Inde dans l'imaginaire collectif c'est aussi la pauvreté, et si elle ne touche pas tout le monde loin de là, elle existe vraiment et te saute à la figure dès les premiers instants. Ce sont des milliers de personnes qui dorment dans la rue, dans leur taxi, ou sur les terre-pleins au milieu des boulevards sous des bâches tendues entre quatre bouts de bambou. ce sont aussi des enfants et des vieillards qui font la manche à tous les coins de rue.
On sent ici l'incroyable croissance économique qui rend certains effroyablement riches et fait se développer une classe moyenne conséquente, mais qui laisse sur le côté une majeure partie de la population. Je ne suis ni économiste ni sociologue, mais tout ça semble tellement flagrant.
En ce moment et pour encore un bon mois et demi, c'est la mousson. Il ne pleut pas en continu, et tous les jours ne se ressemblent pas, mais quand il pleut ne serait-ce qu'une demi-heure la terre se transformer en marre. En ville c'est pire, parce qu'il n'y a pas de poubelles dans la rue, c'est la rue la poubelle, alors les détritus bouchent les bouches d'évacuations et en très peu de temps tu te retrouves à marcher dans vingt centimètres d'eau pas franchement propre. Du coup, c'est sandales obligatoires! Les averses peuvent être régulières et courtes, comme il peut pleuvoir sans discontinuer pendant 5h, pas de règle, ce qui va rendre mes excursions assez difficiles à prévoir, d'autant plus que certaines sont inaccessibles pendant les mission. On verra ça en son temps...
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Dernière mise à jour le vendredi 23 septembre 2016 à 10:31:47 UTC+2 - Signaler cette étape