Jour 135 : à 11:45 (heure locale)

Je suis venu ici pour deux choses, essayer de me rendre sur l'île quasi déserte de Koh Similan et pourquoi pas d'y faire une session de plongée, et aller randonner dans les parcs naturels alentours. C'était pourtant sans compter sur la météo particulièrement mauvaise ici en cette fin de saison de mousson. Pendant les deux jours que j'ai passé ici, la pluie ne s'est arrêtée que trop rarement, et surtout jamais plus de dix heures de suite, et quand je parlez de pluie, ça n'est pas d'un petit crachin, mais bien de fortes averses tropicales. Les conséquences sont donc que l'île est inaccessible, et la randonnée guère engageante. J'ai tout de même loué un scooter car rien n'est vraiment près, ce qui m'a permis d'aller jeter un coup d'oeil à des cascades locales, et de découvrir avec des yeux fascinés la jungle, la vraie ! Les arbres poussent droit et haut, sûrement à une allure dépassant l'entendement hors des zones tropicales, et les lianes qui ont nourri notre imagination d'enfants sont là, pendant sur des dizaines de mètres. Au sol je découvre ce qu'est vraiment une forêt luxuriante, car sans machette le passage semble souvent impossible quand la végétation venant du sol, pendant des arbres ou poussant même à l' horizontale s' emmêle à hauteur d'homme. Et puis il y a les bruits, par dizaines simultanément, d'insectes, d'oiseaux, de singes, et de dieu sait quoi d'autre. Je suis fasciné, et reste (sagement sur le chemin, car un peu flippé de ce que je peux trouver en dehors) de longs moments à scruter la densité et la hauteur de cette forêt qui ne ressemble à rien de ce que je connais.
L'événement marquant pour moi de cette étape, est de réaliser que en à peine cinq mois, mon budget de trouve amputé de ses deux premiers tiers. Jusqu'à présent je repoussait cette réflexion, mais aujourd'hui je dois vraiment décider ce que je suis prêt à changer dans ma manière de voyager si je veux faire durer mon périple quelques mois de plus. Travailler, où et comment, faire du stop, du camping, réduire mon nombre d'étapes (et donc de trajets), ponctionner un peu plus sur mes économies ? Sûrement un peu de tout ça.
Le hasard a voulu que dans mon auberge de jeunesse où je pensais le premier soir être le seul client, je rencontre le lendemain le second, Hakan. Il est instructeur de plongée et voyage en travaillant depuis 16 ans maintenant. Si je ne suis pas aussi dépourvu d'attaches que lui, j'avoue être admiratif de son choix de vie. En tous cas, cette rencontre m'a permis d'avoir avec lui de longues conversations sur le sujet qui me taraude, et qui m'avait un peu miné le moral la veille ; si je n'ai pas encore vraiment décidé quoi faire, je dédramatise maintenant beaucoup plus le problème. Les réponses viendront, car maintenant elles le doivent.
À suivre...
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Dernière mise à jour le mardi 4 octobre 2016 à 17:39:01 UTC+2 - Signaler cette étape