Jour 216 : à 09:45 (heure locale)

Cette ville fut le dernier grand bastion anglais dans cette partie du monde, île chinoise occupée pendant plus d'un siècle, et rétrocédée il y a une vingtaine d'années: ce n'est pas un cours d'histoire que je fais là, mais bien un portrait, car tout cela se sent, faisant partie fière de l'identité locale. Les hongkongais ne sont pas vraiment chinois, ni dans les lois, ni encore moins dans leur esprit, et s'ils ne sont évidemment pas anglais pour autant, ils sont hongkongais, les plus occidentaux des asiatiques, dans leurs tenues autant que leurs coiffures, comme dans leur cinéma ou leur rapport à l'art.
Je me surprends à regretter, malgré le prix exorbitant du logement et mon manque d'intérêt pour les mégalopoles, de ne pas avoir quelques jours de plus pour découvrir ce lieu saisissant, pour randonner dans les réserves naturelles qui recouvrent la majeure partie de l'île ou déambuler dans les quartiers populaires excentrés avant de découvrir la vie nocturne du condensé européen du quartier de Soho et de ses ruelles en escaliers abritant pubs irlandais, traiteurs italiens et restaurants français.
Nous sommes à quelques jours de Noël et cette fête pourtant si étrangère à la culture asiatique est ici plus célébrée qu'en Europe, recouvrant de ses sapins, Santa Klauss, et autres rennes les façades des cartes ciels démesurés aux pieds desquels des centaines de personnes se regroupent pour entonner sous leurs bonnets rouge et blanc des chants de Noël tout au long de la journée. Je m'étonne de cette étape qui se pose en transition douce avant mon retour en France.
Les deux premiers jours, je les ai occupé à déambuler comme à mon ordinaire, entre les marchés de fruits, ou de jade, les parcs, les zones populaires, et bien évidemment aller admirer les couchers de soleil sur la baie, se reflétant sur les façades vitrées des buildings aux formes aussi belles que variées, avant que celles-ci ne s'éclairent de mille couleurs à la nuit tombée.
Mes amis Steven et son frère John m'ont rejoint pour partager ensemble une journée à Hongkong, et j'ai été ravi de passer mon dernier jour en Asie en leur compagnie à écumer les rues, découvrir des temples superbes ou traverser la baie en bateau.
J'ai passé mes nuits dans une des innombrables guest houses qui se regroupent dans des immeubles immenses et vétustes, toutes tenues par des indiens qui louent des chambres ou placards à des prix indécents. Mon hébergement tenait plus du cagibi que de la chambre, sans fenêtre, et offrant la seule place pour un lit simple en ferraille au matelas en mousse trop grand et mon sac à dos.
C'est partagé entre la hâte de retrouver ma famille qui fait face à la mort d'un des nôtres, et le regret de quitter ma vie heureuse d'errance que je quitte Hongkong et l'Asie dans un avion qui après une courte escale à Moscou, me ramènera à Paris.
Commentaires
Chargement des commentaires
Nouveau commentaire


Dernière mise à jour le dimanche 26 février 2017 à 23:34:55 UTC+1 - Signaler cette étape