Jour 281 : de 06:30 à 21:40 (heure locale)

Je suis arrivé à l'aéroport d'Orly avec un aller simple en poche, ne sachant pas trop ce que je voulais faire après le Brésil: continuer un peu sur ce nouveau continent en creusant un peu le reste de mes économies et en faisant du volontariat par-ci, par-là, ou simplement rentrer et me réintégrer dans la "vie normale", car après tout il faudra bien le faire un jour, et que presque 8 mois de vadrouille, c'est déjà pas mal. Cependant au moment de me faire enregistrer, on me signale que je ne peux pas embarquer sans avoir de vol retour (que pourtant personne ne me demanda à mon arrivée au Brésil); j'ai essayé de négocier comme je l'avais fait dans la même situation pour aller en Inde de Dubaï, mais si à l'époque une simple réservation gratuite avait suffit, ici je n'ai eu d'autre choix que d'acheter un billet retour. La situation a donc tranché pour moi là où des semaines de réflexion avaient été infructueuses, et je sais maintenant que mon étape brésilienne sera un joli point final à ce long voyage, et que je retrouverai le 17 mars le sol français pour une durée indéterminée, ainsi qu'un retour à la vie sédentaire. Ça aurait pu me mettre un coup au moral, mais ce ne fut pas le cas, car je crois au final m'être préparé à cette possibilité.
Je suis donc arrivé à l'aéroport de Rio au petit matin, où j'ai attendu une heure que Viviane débarque aussi: c'est excités et le sourire épanoui que nous nous sommes retrouvés en plein été local, accueillant avec grand plaisir le climat tropical chaud et humide, petits français sortis de leur froid hiver que nous étions.
Une demi-heure de taxi plus tard nous arrivions chez nos hôtes Nadège, Emmanuel, et leurs deux enfants. Emmanuel est pour l'instant en France, mais nous aurons surement l'occasion de nous rencontrer avant mon départ. Les membres de cette charmante famille sont de vieux amis de Viviane, et nous accueillent très naturellement et chaleureusement dans leur grand appartement situé à deux cents mètres de la fameuse plage de Copacabana. En plus de nous, ils attendent aussi trois autres amies françaises, Claire, Laura, et Isabelle, que connaît aussi Viviane, et venues comme nous découvrir l'effervescence du légendaire carnaval de Rio!
Nous passerons ici une dizaine de jours avec Viviane, jusqu'à ce que nous fêtions ici l'anniversaire de cette dernière avec toute sa tribu, dans l'idée ensuite de prendre à peu près le même temps pour aller visiter les plus lointains alentours.
Je m'émerveille ici de découvrir une mixité extraordinaire, où les gens de type indien, caucasien, africain, ou savant métissage de toutes ces origines, se mélangent dans une ambiance à première vue bonne enfant. Je ne me leurre pourtant pas, et constate sans-surprise, que les plus foncés de peau restent toujours les plus pauvres, mais une telle diversité reste saisissante, et donne hâte de découvrir la culture que cette alchimie a pu créer.
Rio est belle, évidemment, et étonnante, car ici le paysage est un patchwork de plages, et de petites vallées serpentant entre de magnifiques collines tenant souvent plus du piton rocheux que de la butte. C'est sur ces éminences où personne ne voulait construire qu'ont poussé les favelas, dominant la ville ou la mer, étranges agglomérats de constructions de brique brute et de tôle. Les collines couent parfois de manière infranchissable à pied les différents quartiers, donnant une impression non pas d'une grande ville mais d'une multitude de petites villes voisines
Le carnaval commencera le lendemain de notre arrivée, et nous sommes au premier jour allé chercher nos places pour assister au sambodrome à une des deux soirées de compétition entre les 12 grandes écoles de samba de la ville. On sent la fièvre monter, et exploser dès le matin d'ouverture, voyant tout un chacun déguisé, buvant souvent à peine le nez mis dehors, criant, riant, et dansant sur le son des musiciens des blocos, innombrables fêtes de rue disséminées dans toutes la ville pendant pas loin deux semaines. Nous jouons évidemment le jeu, changeant à chaque sortie d'accessoires de déguisement, et dansant au sein des foules en liesse, où enfants comme vieillards s'en donnent à coeur-joie.
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Dernière mise à jour le jeudi 2 mars 2017 à 23:13:07 UTC+1 - Signaler cette étape