Jour 50 : à 22:45 (heure locale)

Cela fait plus de 2 semaines que je suis bloqué au café.
Pour aller au village, j'ai à ma disposition un scooter, la voiture de Drazic ou le Kamaz de Vladim...
Quand Vladim m'a proposé d'essayer le Kamaz, je lui ai dit que je n'avais pas le permis PL.
Bof, tu sais il n'y a pas de contrôle ici, y a pas de problème
Cependant, j'utilise le scoot qui est beaucoup plus facile à garer.
Au fur et à mesure, le village s'habitue à ma présence et me demande si la pièce que j'attends va bientôt arriver. Quand je leur réponds que je n'en ai aucune idée, certains s'excusent pour la lenteur des transports russes alors que d'autres ne voient pas d'autres solutions que de trouver une jolie demoiselle et de m'installer ici.
Que de bonnes intentions.
A part cela j'aime bien profiter de tant de nature vierge et aller me promener dans les bois aux alentours.
Il y a un peu moins de moustiques mais je me fais piquer par les tiques.
Un matin Drazic m'amène à la chasse. Je ne suis pas fan des armes, mais je me dit que cela me permettra de découvrir des coins que je ne connais pas.
De lacs en lacs puis dans une forêt épaisse , nous progressons en silence mais il semble qu'aucun gibier n'aient envie de mourir aujourd'hui.
Déçu, il improvise une cible avec un bout de bois et me propose de tirer. Je refuse en argumentant que je ne tire qu'avec une Kalachnikov.
Il éclate de rire et me promets d'essayer la Kalach qu'il a chez lui.

Environ deux fois par semaine l'un des deux frères m'amène au banya. Sauna typiquement russe, on commence par une courte douche (très) froide suivie du sauna. Là, la température peut monter jusqu'à plus de 80'. Ensuite on se reprends une douche froide puis on repart au banya. Il s'y trouve des branches de bouleau avec lequel on se flagelle le corps mutuellement. La sensation est étonnante au début mais on s'y habitue vite. Cela est même agréable.
Du banya une porte mène directement à l'extérieur. Elle permet d'aller se rouler dans la neige l'hiver, cela remplacé la terrible douche froide.

A part ça, des conducteurs m'apprenent qu'il a suffisamment neigé à Iakoutsk (ville située sur ma route) pour faire des bonhomme de neige et qu'un pont menant à Magadan a été emporté par une crue.
J'apprends aussi qu'un ours a été aperçu sur la piste que j'emprunte pour aller au village...

Sur le parking je sympathise avec de nombreuses personnes dont un Bielorusse qui est parti de Minsk pour livrer des tracteurs à Iakoutsk. Il a conduit 5 ans sur les routes européennes, connaît donc bien la côte basque et parle assez bien espagnol. Il est en train de changer une roue car son pneu à éclaté. Il a gagné la journée. Le lendemain, il ne fera guère plus de 100 mètres. Une fixation de suspension a lâché, il lui faudra attendre 6 jours avant de repartir.

De nombreux barbecues sont improvisés.
Drazic aime bien apporter tantôt grillades, tantôt de délicieux mets du café et les déguster ensemble dans le camion.
Il me dit qu'il s'y sent un peu en France.

Ibrahim et Andrei sont deux routiers et amis de longues dates des deux frères.
Andrei a un gros soucis avec sont moteur. Il a réussi à rejoindre le café tant bien que mal mais le verdict est sévère: le moteur est à changer (1 311 000 km tout de même).
Pour lui remonter le moral, Ibrahim a acheté la meilleure viande de porc des alentours et improvise un barbecue.
Nous sommes samedi et il est décidé que personne ne conduise le lendemain. Les grillades sont delicieuses et la vodka coule à flot.
En fin de repas, je leur fait goûter le patxaran.
Le verdict tombe: ils adorent.
Commentaires
Chargement des commentaires
Nouveau commentaire


Dernière mise à jour le lundi 7 novembre 2016 à 00:04:24 UTC+1 - Signaler cette étape