Culture

Jour 72 : à 21:30 (heure locale)

Sur le chemin il est dit « c’est ton chemin qui fait Compostelle » et non l’arrivée à Compostelle !
Aussi bizarre que cela peut paraître, j’ai quitté mon albergue avec une certaine peur « au bide »… il me restait à peine 15 minutes de marche pour « toucher mon graal » et là soudainement une drôle de peur n’envahit pourquoi ? Ne pas être en osmose avec ce lieu chargé de spiritualité et d’histoire, moi qui suis parti juste pour marcher, marcher et encore marcher…. Et refaire mon monde !
En remontant la rue de San Pedro, (pas moins de trois albergues), je me sens plus léger,… normal me direz-vous, je marche sans mon sac ! Tout au long du chemin ma crainte à été de rencontrer ce « petit grain de sable » qui sans ménagement vous renvoie à la maison, alors lorsque je passe sous la Puerta del Carmen, la Porte de France, je sens mon rythme cardiaque s’accéléré, mes derniers pas me conduisent sur l’immense place de l’Obradoiro que l’on accède par un grand escalier voûté descendant sous la Palacoi Gelmirez, l'ancien palais épiscopal et là s’ouvre à vos yeux l’immense place… et l'imposante façade baroque de la cathédrale de Saint-Jacques de Compostelle, 1832 kilomètres à pied, 69 jours de marche pour voir … un ECHAFAUDAGE ! Moi qui croyais être submergé par une très grande émotion se transforme par un grand éclat de rire, une façon de relativiser cette petite déconvenue.
Comme de nombreux pèlerins aux regards hagards, je m’assis à même les pavés mon ressenti est étrange, pas d’euphorie, pas de tristesse, je me demande ce que je fais là et maintenant je fais quoi !!! Reprendre une vie normale… ouf il me reste encore quatre vingt kilomètres pour rejoindre le « bout de la terre » … à Fisterra, après promis je rentre !
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Dernière mise à jour le mardi 21 novembre 2017 à 18:45:12 UTC+1 - Signaler cette étape