Culture

Jour 72 : à 15:45 (heure locale)

En prenant mes bâtons de pèlerin, lesquels sans eux je ne serai pas là… tant qu’ils n’ont été des propulseurs dans certaines montées et permis d’économiser cette l’énergie indispensable , je ne peux une fois de plus « rejouer » ce match ! Combien de fois ai-je imaginé suite à des lectures cette dernière étape me menant à Santiago.
Comme toujours Laurent, part à la recherche d’un café dans Arzua et Thierry, fermera la marche… leur point de chute est le Monte do Gozo, il veulent voir ce gigantesque complexe à pèlerin, pour moi ma décisions est prise ce soir je serai à Santiago, nombreux sont les pèlerins s’arrêtant à Monte do Gozo, la colline de Montjoie, là où se trouve actuellement une stèle rappelant la venue du pape Jean-Paul II en 1989. On attendait 300.000 jeunes venus des quatre coins de l'Europe, à pied, en auto-stop, certains même à cheval... Ils furent un demi million, auquel Jean-Paul II a dit son espérance de voir naître un renouveau catholique en Europe, grâce à eux, je ne souviens de ces images, de ces foules… et si moi aussi j'étais venu ici... à l'insu de mon plein grès, chercher "une paix intérieure"
Mon passage au Monte do Gozo, aura été très bref, certainement dû à l’impatience de découvrir enfin, le cœur historique d’une ville-sanctuaire renommée dans toute la chrétienté et cette dernière colline permet pour la première fois d’apercevoir les tours de la cathédrale de Santiago et de réaliser les dernières photos du Camino Francès avec un groupe de vététiste Français, admiratif de mon chemin.
En descendant sur Santiago je me suis applaudi une façon de saluer la réussite de cette marche au long court et de remercier « cette providence qui m’a conduit jusque là » Certains relayaient l’approche à la plaza del Obradoiro comme un enfer, une l’apocalypse, pour ma part rien de cela. C’est même par de drôles de statues que Santiago nous accueil… la remontée vers la cathédrale se fait par la rua de San Lazard, via Rua do Valinobien bien dans l’air de notre société moderne… mais le pèlerin que je suis savait qu’un jour le plancher des vaches rappellerait son ouailles !
Et cette longue approche en direction du tombeau de l’apôtre Jacques le Majeur est interrompue par la traditionnelle photo souvenir devant le panneau de Santiago "en mode selfi", la prise de cette photo, je vais vite l’oublier et garder uniquement la joie quelle transmet…. En d’autres circonstances j’aurai souhaité « BUEN CAMINO » à ces deux vététistes, mimant ne pas me comprendre et que dire de cette pèlerine…. Apeuré, effrayé, terrifié par le grand méchant loup que je suis devenu après 69 jours de marche et mille huit cents neuf kilomètres…. En une fraction de seconde, mon chemin de la tolérance, du respectueux, de l’humaniste vient de se fracasser sur les huit lettres de Santiago., bienvenu dans le nouveau monde !
J’ai pris mon quartier à l’Hostal-Albergue turistico à Santiago de Compostela, rua Dos Concheiros, situé sur le camino. Le centre historique se trouve à 15 minutes et c’est en pèlerin « propre » que je me rends à la rencontre de saint-Jacques.
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Dernière mise à jour le mardi 28 novembre 2017 à 20:01:49 UTC+1 - Signaler cette étape