Jour 57 : à 10:14 (heure locale)

Ce matin, Elliott a reçu un appel de sa famille. Alex et Skipper viennent de subir un grave accident de voiture et leur futur est incertain. Ni une ni deux, Elise et moi plions bagages afin de lui permettre de rentrer le plus rapidement possible chez lui et de récupérer Lucy sur le trajet, sa petite sœur en camp dans le Bush. Les adieux sont rapides et déchirants. Elise et moi sommes maintenant seules, assises par terre au milieu de nos affaires jetées en tas sur le parking du supermarché où nous étions venus faire les provisions pour le Nullarbor, la plus longue route d'Australie, que nous devions entamer le jour même. En l'espace de quelques minutes, un petit attroupement s'était formé autour de nous, de gens nous proposant de dormir chez eux, de nous conduire en ville, de téléphoner à un ami qui pourrait peut-être nous héberger... Le caractère accueillant de la peuplade australienne a de nouveau fait ses preuves. Mais 5 minutes plus tard, c'est avec Marine et Erwan, un couple de bretons parcourant le pays depuis 1 an déjà, que nous entamons la fin du trajet jusqu'à Adelaide. La tente que l'on se trimballe depuis si longtemps va enfin pouvoir prouver son utilité puisqu'il nous faudra y dormir cette nuit. Malheureusement, si l'on possède des sacs de couchage, il n'en est pas de même pour les matelas. Nous dormirons donc sur des paillasses de fortune, constituées de vêtements propres ou sales, d'essuies et de tout ce qui pourra nous isoler ne fusse que d'un millimètre supplémentaire de la terre rouge, dure et froide du Nullarbor. Nous montons donc la tente. Que dis-je ? Le palace ! En effet, il s'avère que nous avons acheté une véritable petite merveille. Avec toutes nos affaires à l'intérieur, il nous reste encore suffisamment de place que pour abriter la tente de nos compatriotes ! Mais la nuit, le vent souffle si fort que, paniquées de voir notre nouvelle maison partir en coup de vent (c'est le cas de le dire), nous nous relevons pour replanter quelques sardines. La suite de la nuit est loin d'être calme... La journée suivante fit, finalement, office de nuit. Et c'est avec un extrême soulagement que nous apprenons qu'Alex et Skip sont réveillés. Ils passeront une série de scans dans les jours à venir et mettront un bon moment à se rétablir mais ils sont saufs. A jamais, cet événement restera un des plus émotifs et bouleversants de ma vie. Dans quelques semaines, Elliott reprendra son Road trip et nous nous reverrons à Adelaide. D'ici là, nous songeons à travailler en ferme, afin d'obtenir la possibilité de revenir pour une seconde année, un jour, si l'envie nous prend.
Après une deuxième nuit en tente, la fatigue se fait de plus en plus ressentir. Sur nos misérables paillasses, on ne dort même pas qu'à moitié... Et avec le décalage horaire (2h30 plus tard ici) les choses ne sont pas plus simples. C'est donc après un réveil long et difficile qu'on reprend brièvement la route à la recherche d'un lieu où manger nos céréales, tranches de pain de mie à la confiture de fraise et chocolat chaud. Si l'endroit s'avère être un parfait contre-exemple du mot "hygiène", Marine et Erwan profitent tout de même de l'étape pour prendre une douche. Pour ma part, je me suis plutôt bien habituée au concept de la douche tous les 4 jours. Après tout, c'est plus écologique et puis, de toute façon, on sera quand même de nouveau sales après... Nous remontons en voiture, Jacques Brel, Cloclo, Stromae et les Beatles comme compagnons de route. Demain à la même heure, nous serons probablement arrivés à destination.
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Dernière mise à jour le mardi 17 novembre 2015 à 09:03:16 UTC+1 - Signaler cette étape