Jour 156 : au

Nous avons donc visité Port Arthur, lieu où les anglais envoyèrent au 19eme un maximum de prisonniers afin d'aménager et de peupler la nouvelle terre. L'endroit ressemble à un petit village, constitué de quelques cottages et de ruines reconstruites au bord d'un vieux port que l'on ne distingue que grâce à son tout nouveau et moderne bateau de croisière. Un petit musée offre au visiteur la possibilité d'être aléatoirement identifié a un ex prisonnier puis de suivre son histoire à Port Arthur. Je fus Mr Cappellini, italien de 27 ans, chirurgien et condamné à 7 ans de peine à deux reprises pour avoir volé deux billets de 5 dollars. Un service propose une identification sur base de noms afin de découvrir si ses ancêtres étaient prisonniers de Port Arthur où d'un autre camp. Les miens n'étaient pas répertoriés... C'est finalement déçues que nous avons clôturé notre visite.
Fières randonneuses, nous avons demandé conseil à Colin, sympathique propriétaire de notre camping, quand aux possibilités du coin. Il nous a renseigné une jolie promenade qui, pour nous, devait durer 7 heures. Vexées d'avance de cette interprétation hâtive, il nous a suffi de découvrir le panneau annonçant 5 heures de marche pour les plus lents et nous possédions une énergie jusqu'alors insoupçonnée. Pour rien au monde nous aurions omis de lui annoncer que, pause pique-nique comprise, 4 heures nous avaient suffi.
Niveau hébergement, notre tente nous a lâché. Il pleuvait peu, mais à l'intérieur on préférerait qu'il ne pleuve pas du tout. Nous avons donc accueilli wall-e, une petite tente résistante à la pluie et au vent. Puis, la nuit, un orage gros comme jamais a montré son mécontentement. Difficile de dormir avec une crainte constante et malheureusement bien fondée que notre habitat se transforme en pataugeoire... Le lendemain, alors que pas une minute ne s'était écoulée sans qu'il pleuve, il nous a bien fallu attaquer l'épreuve du souper et, donc, de la cuisine sous la pluie. Alors que nous finissions, nos voisins, propriétaires d'une grande tonnelle pouvant abriter au moins 15 personnes et après d'insistants regards suppliants de la part de ma comparse, sont enfin venu nous proposer leur aide. Si on voulait, on pouvait garder leur parapluie pour la nuit.
Peu après, nous avions pour objectif de remonter la côte est. Curieusement, après une cinquantaine de kilomètres, nous nous sommes retrouvées dans les embouteillages. Du jamais vu en Australie. Lorsque nous avons vu les voitures de police et du journal télévisé, nous avons d'abord cru qu'il s'agissait d'un grave accident. Quelle surprise de découvrir une large et profonde rivière traversant la route ! Sur environ 20 mètres de long, les phares des voitures qui osaient la traversée disparaissaient sous l'eau. Comment expliquer que ces averses phénoménales n'aient même pas aidé à ralentir les plus grands bushfires de l'histoire de Tasmanie ? La route fut fermée et, demi-tour forcé, il nous a fallu gagner le nord via les terres. Épuisées, trempées, démoralisées, nous avons passé deux nuits dans un petit bungalow. Nous avons traversé des petits villages à l'allure vieillotte, visité une usine de laine et mangé des pizzas cuites au feu de bois. Voyager un moment seules, ce n'était pas du luxe. Passer une nuit en auberge fut difficile. Après avoir dormi dans la même chambre que 6 nouveaux inconnus chaque nuit, mangé dans la même cuisine que 50 autres voyageurs fatigués et entendu râler dans toutes les langues du monde pendant 5 mois, j'apprécie un peu de solitude.
Avant-hier, nous avons entrepris de descendre la côte est. À St-Helens, nous avons campé dans un petit coin de paradis. Il nous suffisait de descendre un petit talus pour nous retrouver sur la plage, au bord d'une crique somptueuse. Le lendemain, une petite balade nous faisait découvrir la baie de feu, ainsi appelée pour la couleur rouge de la roche. J'ai eu la chance de croiser un serpent. Il ne me reste donc plus qu'à apercevoir un koala pour compléter mes connaissances de l'emblématique faune australienne.
Hier, descente vers Bicheno. Bon nombre de parcs étaient fermés et nous n'avons quasiment rien fait. A la tombée de la nuit, nous n'avions encore trouvé aucun endroit pour planter tente. Alors qu'il faisait enfin noir et que tous les kangourous semblaient vouloir se jeter sous nos roues, une voiture s'est arrêtée à notre hauteur. Nous croyant perdues, Agatha était prête à nous aiguiller. Lorsqu'elle a compris que deux jeunes filles seules étaient à la recherche désespérée d'un petit coin de terre, son instinct maternel n'a plus hésité. Elle nous a emmenées chez elle, servi du thé et du cake, piochant abondamment dans les réserves de son fils puis offert un petit bout de son jardin pour passer la nuit. D'après elles, nos mères sont terriblement chanceuses de nous avoir. Elle-même aurait préféré avoir une fille.
Aujourd'hui, nous sommes à Coles Bay. Demain, nous découvrirons Freycinet.
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Dernière mise à jour le mardi 26 avril 2016 17:58:56 UTC+02:00 - Signaler cette étape