Jour 240 : à 23:59 (heure locale)

Première visite de la journée : le musée national. Y sont exposés multiples sculptures bouddhistes, vestiges religieux et royaux et on peut également parcourir une exposition relative aux fouilles archéologiques locales et mondiales. C'est intéressant mais, sans guide, j'éprouve quelque difficulté à saisir l'essentiel. Néanmoins, le bâtiment et le jardin sont sublimes.
Dîner à "The shop". Je prends un sandwich de légumes grillés et mozzarella. Je guète mon assiette avec impatience et, lorsqu'elle arrive enfin, j'en n'en reviens pas ! Du vrai pain ! Mon sandwich est un VRAI pain ! Après huit mois de régime au pain de mie, c'est un régal. Pour fêter cela, je craque également pour un éclair au chocolat. Erreur... Je vais tâcher de me souvenir d'attendre d'être rentrée pour le prochain.
Direction le Palais Royal. Tenue correcte obligée (chevilles et poignets couverts), je crois mourir en enfilant pantalon et kW. Mais le jeu en vaut la chandelle. C'est d'une beauté absolue. (Voir photos)
Ma troisième visite de la journée : les killing fields. C'est beaucoup moins marrant. Si vous avez lu mon dernier article, vous vous rappelez peut-être de la prison où ont péri près de 20000 citoyens durant le génocide. En réalité, ils n'étaient pas exécutés là-bas. Lorsque tous leurs aveux avaient été signés (et qu'ils n'étaient donc plus utiles), ils étaient envoyés par camion un peu en dehors de la ville. Arrivés dans le camp d'extermination, on les tuait tous immédiatement et sauvagement avant de jeter leurs corps dans de grandes fosses. Des chants locaux étaient enregistrés et rediffusés, volume à fond, pour couvrir les cris des prisonniers, qui ne devaient absolument pas être entendus par les habitants. Dans le même soucis de discrétion sonore, les bourreaux n'utilisaient pas d'armes à feu mais plutôt des haches, fourches, et autres ustensiles bon marché pour briser chaque crâne. Parfois, on tranchait les gorges à l'aide de feuilles de palmier acérées. Ce sort était réservé aux hommes, femmes et enfants. Quant aux bébés, on attrapait fermement leurs chevilles et on fracassait leur tête contre un arbre.
Je me promène donc entre ces fosses. De nombreux panneaux nous rappellent de faire attention à ne pas marcher sur les os qui remontent régulièrement à la surface et nous demandent de les laisser au sol, ainsi que les vêtements. En effet, 40 ans plus tard, les pluies ne cessent de laisser réapparaître ces témoins glaciaux du passé. Une stuppa construite à la mémoire des victimes renferme tous les crânes retrouvés. Un panneau explicatif nous y apprend à reconnaître le type d'arme utilisé en fonction de l'état du crâne (troué ou fracassé, victime d'égorgement...). Cette visite fut très sombre mais incontournable.
Plus tard, de retour à l'auberge, je fais connaissance avec un couple slovène. Ils sont super gentils, comme la plupart des gens que je rencontre ici.
A deux rues de l'auberge, il y a un supermarché international. Je me suis retenue jusqu'ici mais je cède. C'est avec une immense joie que je fais l'acquisition de petits beurres, pims, chocolat côte d'or... Et un tube de dentifrice, quand-même.
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Dernière mise à jour le samedi 30 avril 2016 à 13:14:20 UTC+2 - Signaler cette étape