Jour 181 : à 11:35 (heure locale)

Arrivées au lac Sainte-claire durant l'après midi, il nous fallait retrouver Gigi, abandonnée environ 120km plus loin. Comme la quasi totalité des marcheurs que nous avons rencontrés, notre unique option était le stop. Stressée à l'idée de tenter cette expérience dans un pays anti-stoppeurs, nous nous sommes postées à la sortie du parking, pensant que d'autres randonneurs seraient peut être plus aptes à nous prendre que n'importe qui sur une route principale. Plusieurs voitures se sont arrêtées mais elles allaient dans la direction opposée. Au bout d'un moment, voyant la pluie commencer à tomber, nous avons accepté l'offre d'un couple de nous conduire quelques kilomètres plus bas, à l'intersection avec une route nationale. Il y a quelques années, un homme a pris deux auto-stoppeurs et les a tués. Depuis, rares sont les australiens qui osent se frotter au stop. Nous avons attendu deux heures sous la pluie presque torrentielle, portant nos lourds sacs à dos, avant que deux lesbiennes ne nous proposent de nous emmener à la ville, environ 50 km plus loin. La nuit commençant à tomber, elles nous ont menées dans un motel. Le plus miteux que j'aie jamais vu. Mais dormir dans un lit était sans pareil. Le lendemain, il nous restait une énorme portion de route à faire. Queenstown, la ville où nous étions, présente un véritable paysage lunaire assez impressionnant. Cette ville fit fortune il y a de ça des années grâce aux mines. Actuellement, elle ressemble à une ville fantôme tombant en ruines où les habitants sont tous plus dépressifs les uns que les autres. Ils sont également très pauvres et peu de voitures quittent la ville. Nous avons attendu des heures sur le bord de la route sans succès. Nous commencions à nous décourager puis avons vu deux autres auto-stoppeurs arriver vers nous. Avec de la concurrence, nous n'arriverions jamais. C'étaient deux français qui venaient aussi de terminer l'overland track et essayaient de rejoindre leur voiture, laissée au même endroit que la notre. Nous avons discuté un moment et décidé que je continuerais le stop avec Robin tandis qu Élise et Corentin (qui a d'ailleurs le même nom, le même âge et le mec sac à dos de voyage que Corentin) resteraient ici jusqu'à ce que nous venions les rechercher avec notre voiture. Impossible de se faire prendre à 4, dangereux pour des filles seules et les habitants sont peut-être plus enclins à prendre un couple fille-garçon qu'uniquement des garçons. Nous avons attendu un moment avant de voir une voiture s'arrêter. Je n'y croyais plus ! En montant, j'ai eu l'agréable surprise de découvrir les deux artistes qui nous avaient déjà prises hier. Elle nous ont déposés une vingtaine de kilomètres plus loin, à l'intersection entre deux routes importantes. Cette fois, si nous ne trouvions personne, il n'y avait nulle part où loger ou manger. En moins de 5 minutes, un homme nous a fait monter dans sa 4x4 toute équipée pour le travail dans les mines pour nous laisser dans un village. Là, malheur, un autre couple faisait du stop dans la même direction que nous. Deux heures plus tard, une femme conduisant sont chat chez un vétérinaire en ville a véritablement pilé devant nous. Elle avait vu l'autre duo monter en voiture et, croyant que nous étions ensemble, ne voulait pas qu'on soit séparés. Cette fois, nous l'avons quittée à la bifurcation menant enfin au parking. Il restait 30 kilomètres de montée et seuls les randonneurs ou travailleurs de l'office du tourisme risquent d'emprunter cette route. Il ne restait plus énormément de temps avant la tombée de la nuit et 3 autres duos attendaient déjà., dont le couple de français avec qui nous avions randonné ! Ceux-ci, pas le moins du monde contents de voir une tête connue, n'ont rien voulu dire d'autre que "oui mais là y a trop de concurrence, va falloir que vous alliez ailleurs". Ça ne m'a d'ailleurs pas étonnée puisqu'au bout de 6 jours ils ne s'étaient même pas souciés de demander nos noms. Robin et moi avons entamé la marche. À chaque voiture qui passait, je sautais de joie, faisant du pouce et gesticulant pour le faire remarquer. Un trèèèèès long moment s'est écoulé et nous n'avions plus espoir. Nous avions faim et Il nous faudrait des heures de marche avant d'arriver. De plus, nous n'avions pas de réseau et ne pouvions prévenir nos acolytes restés A Queenstown. Vous imaginez notre joie quand une voiture s'est finalement arrêtée a notre hauteur ! L'homme était cuisinier à l'office du tourisme. Il avait voyagé en stop en Europe et parfois attendu 10h pour être pris. La route ne fut pas longue avant que nous arrivions, finalement. C'est heureux comme jamais que nous sommes allés retrouver nos amis.
Nous avons passé les quelques jours suivant avec eux à Devenport, en attendant le ferry.
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Dernière mise à jour le vendredi 20 mai 2016 à 08:26:24 UTC+2 - Signaler cette étape