Jour 245 : au

Hier, je me suis donc embarquée pour rabbit Island. Pour me rendre au port, j'ai choisi d'emprunter un petit chemin poussiéreux sillonnant les prés asséchés par la chaleur, zigzagant entre les buffles étonnés de mon passage. Peu après mon départ, un tuk-tuk s'est arrêté à ma hauteur (ils sont vraiment partout!) et, puisqu'il se rendait au même endroit que moi, il m'a gentiment (et gratuitement) proposé de m'y emmener. Il ne fallu pas plus de 5 minutes à mon carrosse pour traverser les petits villages de pêcheurs où je prévoyais une heure de marche.
Alors que j'embarquais dans le bateau avec un groupe de vietnamiens, l'un d'eux s'est empressé de faire ma connaissance. Quelle surprise de constater que nous étions compatriotes ! En effet, Vincent est arrivé en Belgique à l'âge de 14 et y vit depuis. Il travaille maintenant comme kiné au parlement européen et ce métier le passionne. Profitant du congé vietnamien, il est venu rendre visite à sa famille. J'ai beaucoup apprécié discuter avec lui de son parcours. Marié à Eric depuis 5 ans, tout n'a pas toujours été facile. Cet homme fut l'homme le plus heureux de vivre que j'ai croisé durant mon voyage !
Après une demi-heure à voguer entre les superbes îles cambodgiennes, j'ai mis pied à terre sur la fameuse île. Bon nombre de jeunes bouddhistes se prélassaient dans des hamacs tendus entre les cocotiers. Face à moi se dressait une série de bungalows. J'ai demandé un lit, m'attendant a un dortoir, comme à mon habitude. Quel ne fut pas mon étonnement de me voir attribuer l'une de ces fameuses petits maisons sur pilotis ! La construction était toute faite de bois pour le sol et de feuilles séchées pour les murs et le toit. Je possédais un grand lit et ma propre salle de bain avec douche et toilette. Il était 14h et j'avais 24h devant moi sans n'avoir rien à faire. Curieusement, il est beaucoup plus facile et attrayant de ne rien faire lorsque l'on a du pain sur la planche que lorsqu'il n'y a véritablement aucun sujet à propos duquel s'inquiéter. Je pouvais me baigner, manger, profiter de massages face à la mer, me laisser brunir sur un transat... J'ai commencé par explorer un peu l'endroit. Quelle différence y a-t-il entre un bungalow VIP et le mien ? Peut être n'a-t-il pas de crottes toutes fraîches sur le moustiquaire... Je me suis couchée dans le hamac suspendu à ma terrasse et y ai lu des heures durant. Lorsque j'ai eu faim, j'ai dégusté un plat de poisson devant un superbe coucher de soleil, admiré les lumières éclairant la rive cambodgienne au loin et suis revenue me coucher dans le hamac pour apprécier la nuit tombée. A 22h30, extinction des feux sur l'île. Il y a donc précisément 3h30 d'électricité par jour. Plongé dans le noir, c'était encore plus beau.
Lorsque mes yeux ont commencé à se fermer, j'ai dû lutter contre la chaleur. Évidemment, je n'avais pas le luxe de l'air conditionné ni même d'un petit ventilateur. D'habitude, j'aurais acheté une bouteille d'eau sortant du frigo et je l'aurais serrée contre moi pour dormir. Je lui aurais servi de bouillotte comme elle aurait fait office de glacière pour moi. Ici, je n'avais pas cette chance. J'ai mis quelques heures à m'endormir et le coq, n'ayant pas compris qu'il ne devait chanter qu'au lever du soleil, a réveillé toute l'île à quatre heures du matin. Doucement, les rayons du soleil sont entrés par mes volets ouverts et j'ai regagné mon cher et tendre hamac. Un CD jouait, les bruissements des vagues en arrière-fond, et je me balançais doucement en tournant les pages du récit que je dévorais.
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Dernière mise à jour le mercredi 4 mai 2016 15:29:08 UTC+02:00 - Signaler cette étape